Pourquoi n’y a-t-il pas assez d’eau potable dans le monde ?

Pourquoi n’y a-t-il pas assez d’eau potable dans le monde ?

L’eau coule de nos robinets avec une telle évidence qu’on en oublierait presque qu’elle n’est pas accessible à tous. Pourtant, aujourd’hui encore, une personne sur cinq n’a pas accès à une eau potable sûre, que ce soit à son domicile, à l’école ou sur son lieu de travail. Et si rien ne change, les projections sont claires : d’ici vingt ans, une personne sur quatre pourrait être confrontée à une pénurie d’eau.

Alors une question s’impose, simple et dérangeante à la fois : comment une planète recouverte d’eau peut-elle manquer d’eau potable ?

Une ressource vitale… mais extrêmement limitée

L’eau douce est indispensable à la vie humaine. Elle permet de boire, de se laver, de cultiver, d’élever des animaux, de fabriquer des objets, de produire de l’énergie. Elle est partout dans notre quotidien, souvent sans que nous en ayons pleinement conscience.
Mais sur l’ensemble de l’eau présente sur Terre, moins de 1 % est réellement disponible sous forme d’eau douce accessible. Le reste est soit salé, soit emprisonné dans les glaces, soit difficilement exploitable. Autrement dit, la réserve utile est minuscule… et sous pression constante.

Des usages très inégaux de l’eau

Contrairement à une idée reçue, l’eau que nous buvons représente une part infime de la consommation mondiale. La majorité est utilisée ailleurs, souvent loin de nos yeux.

Usage de l’eau dans le monde  Part de la consommation
Agriculture  Environ 70 %
Industrie
Environ 25 %
Eau potable (boisson, hygiène)
Environ 5 %


L’agriculture est de loin le secteur le plus gourmand, notamment pour irriguer les cultures destinées à nourrir une population mondiale toujours plus urbaine et plus nombreuse. À cela s’ajoutent les besoins industriels, eux aussi en forte croissance.

Dans certaines régions, ces usages dépassent largement la capacité naturelle de renouvellement de l’eau. Des nappes souterraines sont surexploitées, des fleuves détournés, laissant derrière eux des terres asséchées et des écosystèmes fragilisés.

Urbanisation, climat et pollution : un cocktail explosif

La pression sur l’eau potable ne vient pas d’une seule cause, mais d’une accumulation de facteurs. L’urbanisation rapide concentre les besoins en eau dans les villes, parfois bien au-delà de ce que les territoires environnants peuvent fournir. Le réchauffement climatique accentue les sécheresses, modifie les cycles de pluie et rend certaines régions plus vulnérables encore. À cela s’ajoute un problème majeur souvent sous-estimé : la pollution. Aujourd’hui, près de 80 % des eaux usées mondiales sont rejetées dans la nature sans traitement suffisant. Elles contaminent rivières, sols et nappes phréatiques, réduisant encore la quantité d’eau réellement utilisable.

L’eau va-t-elle vraiment manquer ?

Si l’on raisonne de façon purement mathématique, le constat est clair : une ressource limitée, une demande en hausse constante et une qualité de l’eau qui se dégrade. Sans action, les tensions autour de l’eau sont inévitables, qu’elles soient sanitaires, économiques ou sociales. Mais ce scénario n’est pas une fatalité.

Quelles solutions pour préserver l’eau potable ?

Plusieurs leviers existent déjà, et certains sont à portée immédiate.
Le premier consiste à mieux traiter les eaux usées avant leur rejet dans la nature. Les eaux les plus polluées doivent être nettoyées en profondeur, tandis que les eaux moins chargées peuvent être réutilisées pour certains usages, comme les toilettes ou l’arrosage. La lutte contre les fuites dans les réseaux de canalisations est également essentielle. Dans certaines villes, une part importante de l’eau potable se perd avant même d’arriver au robinet. Enfin, une autre voie se développe rapidement : le dessalement de l’eau de mer. Il existe aujourd’hui environ 20 000 usines de dessalement dans le monde. Cette technologie permet de produire de l’eau douce à partir de l’eau salée, mais elle reste énergivore et soulève des enjeux environnementaux qui nécessitent des solutions durables.

Et à notre échelle, que peut-on faire ?

La question de l’eau potable n’est pas réservée aux pays lointains. Elle concerne aussi nos usages quotidiens, la manière dont nous consommons, filtrons, économisons et respectons l’eau. Mieux comprendre d’où vient l’eau, comment elle est traitée et comment elle peut être préservée est déjà un premier pas. S’équiper de solutions adaptées, réduire le gaspillage et valoriser une eau de qualité font partie des réponses concrètes à ce défi global.

En résumé : Point clé À retenir

Disponibilité de l’eau  Moins de 1 % de l’eau terrestre est réellement accessible
Principaux usages
Agriculture et industrie consomment 95 % de l’eau
Causes de la pénurie
Urbanisation, climat, pollution, surexploitation
Problème majeur
Eaux usées insuffisamment traitées
Solutions possibles
Traitement, réutilisation, réduction des fuites, dessalement
Rôle des citoyens
Compréhension, sobriété, équipements adaptés

 

L’eau potable n’est pas une ressource acquise pour toujours. Elle est fragile, précieuse et profondément liée à nos choix collectifs comme individuels. Se poser des questions, c’est déjà commencer à y répondre.

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