Pourquoi le chlore est-il ajouté à l’eau du robinet et comment en limiter les effets ?

Pourquoi le chlore est-il ajouté à l’eau du robinet et comment en limiter les effets ?

Le paradoxe du chlore, protecteur indispensable mais parfois dérangeant

Quand on ouvre le robinet pour boire un verre d’eau ou préparer un café, on ne pense pas spontanément au long parcours qui permet à cette eau d’être considérée comme potable. Parmi les étapes essentielles du traitement figure la désinfection au chlore, un procédé utilisé depuis plus d’un siècle pour empêcher la prolifération de microbes potentiellement dangereux.

Le chlore joue donc un rôle sanitaire majeur. Mais comme souvent, un même élément peut être à la fois utile et imparfait : son action protège, mais sa présence peut aussi susciter des interrogations, notamment en raison de son goût, de son odeur ou de certaines réactions possibles avec la matière organique.

Comprendre pourquoi l’on chlore l’eau, ce que cela implique et comment réduire ces effets à la maison permet d’aborder le sujet avec nuance et pragmatisme.

Pourquoi ajoute-t-on du chlore à l’eau potable ?

La désinfection est indispensable pour garantir la sécurité sanitaire de l’eau distribuée à grande échelle. Le chlore est utilisé parce qu’il présente deux avantages majeurs :

  1. Il neutralise efficacement de nombreux micro-organismes - Le chlore permet d’inactiver des bactéries, virus et parasites susceptibles d’être responsables de maladies d’origine hydrique. L’histoire de l’assainissement montre d’ailleurs que la généralisation de la chloration a contribué à faire reculer les épidémies liées à l’eau au cours du XXᵉ siècle.
  2. Il assure une protection durable tout au long du réseau - Contrairement à d’autres procédés (comme les UV), son action persiste dans les kilomètres de canalisations qui relient les usines d’eau potable aux habitations. Cette protection dite “résiduelle” est précieuse : elle empêche la recontamination éventuelle lors du transport de l’eau. C’est précisément pour cela qu’une légère odeur ou un goût chloré peuvent apparaître à certains moments : cela reflète la présence de ce résidu protecteur.

Le chlore : quels inconvénients pour l’eau du robinet ?

Même s’il joue un rôle clé dans la sécurité sanitaire, le chlore n’est pas exempt de limites.

  1. Un goût et une odeur parfois marqués. Certains consommateurs sont très sensibles aux notes chlorées, qui peuvent altérer le plaisir de boire ou modifier l’arôme du thé ou du café.
  2. Des réactions possibles avec la matière organique. Lorsque le chlore entre en contact avec certaines substances naturellement présentes dans l’eau, il peut former des composés dits “organohalogénés”. Les concentrations retrouvées dans l’eau potable sont strictement encadrées en France, mais ces sous-produits restent régulièrement étudiés dans le cadre du contrôle sanitaire.
  3. Une sensibilité individuelle variable. Chez certaines personnes, l’eau fortement chlorée peut entraîner une sensation de sécheresse cutanée ou d’irritation des muqueuses, en particulier sur des peaux sensibles ou dans les douches très chaudes. Il est donc légitime de chercher à réduire la présence du chlore chez soi, sans remettre en cause son intérêt en amont, dans les installations publiques.

Faut-il éviter de faire bouillir une eau chlorée ?

L’ébullition accélère naturellement l’évaporation du chlore libre. Mais lorsque l’eau contient des traces de matière organique, la montée en température peut favoriser la formation de composés volatils moins appréciés, et dégrader la qualité gustative.

Dans la cuisine du quotidien, cela ne pose pas de problème particulier, mais pour obtenir une eau agréable à boire, il est préférable d’utiliser un procédé permettant de retirer le chlore avant la cuisson ou la préparation froide.

Comment réduire le chlore dans l’eau du robinet chez soi ?

Il existe plusieurs solutions, plus ou moins simples. Voici les principales :

  1. Laisser reposer l’eau dans un récipient ouvert. L’odeur chlorée s’atténue au contact de l’air, surtout si le récipient est large. C’est une solution d’appoint, mais elle ne retire pas les sous-produits du chlore ni les autres impuretés.
  2. Utiliser un aérateur. Sur certains robinets, un aérateur favorise la dispersion du chlore libre. Son efficacité reste modérée et dépend du pH de l’eau.
  3. Ajouter une petite quantité de vitamine C (acide ascorbique). L’acide ascorbique neutralise le chlore, mais modifie légèrement le goût de l’eau. C’est un dépannage ponctuel, difficilement applicable au quotidien.
  4. Utiliser une filtration domestique adaptée. C’est la solution la plus complète :
    le charbon actif est particulièrement efficace pour réduire : le chlore libre, les sous-produits de chloration, les goûts et odeurs désagréables.

On le retrouve dans : les carafes filtrantes, les systèmes sous évier, les filtres sur robinet, les systèmes d’osmose inverse (en pré-traitement).

La filtration permet de traiter l’eau au moment de son utilisation, sans altérer la sécurité du réseau en amont.

Conclusion : un équilibre entre sécurité publique et confort domestique. Le chlore reste un outil indispensable de la potabilisation de l’eau en réseau, car il garantit une protection fiable jusque dans les dernières sections de distribution. Mais rien n’empêche de vouloir améliorer le confort, le goût et la qualité de l’eau au robinet : la filtration domestique répond précisément à cet enjeu. Aérer, laisser reposer peuvent dépanner, mais pour une action durable, la filtration au charbon actif reste la méthode la plus efficace et la plus simple à intégrer au quotidien.

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